Après la surface
La science-fiction a souvent imaginé un futur dans lequel l’humanité, confrontée à une catastrophe nucléaire, serait contrainte de quitter la surface terrestre pour trouver refuge sous terre. Des villes cloisonnées, privées de lumière naturelle, où la vie humaine se réorganiserait dans un espace clos et profondément transformé. Après la surface propose de déplacer ce récit d’anticipation : et si ce n’était plus un événement brutal et instantané, mais l’accumulation progressive des effets du changement climatique qui nous obligeait à repenser notre rapport à la surface du monde ?
À travers cette série, la photographie de rue devient un exercice de projection. Elle part d’un paradoxe : que deviendrait la photographie de rue dans un monde sans rue ?
Ce genre photographique s’est construit autour de la présence humaine dans l’espace public, de la lumière naturelle, des déplacements, des rencontres et des instants imprévus. Que resterait-il de ce regard lorsque la surface ne serait plus habitable ? À travers des images réalisées dans nos villes actuelles, mais pensées comme les fragments d’un futur possible, la série imagine une nouvelle forme de photographie de rue : que photographierions-nous lorsque la lumière naturelle, les couleurs du jour et les rythmes habituels de la ville seraient profondément transformés ? L’approche visuelle repose sur une esthétique minimaliste et contemplative. Il ne s’agit pas de représenter une catastrophe spectaculaire, mais d’imaginer un quotidien silencieux, où l’ordinaire devient le témoin d’une transformation profonde. Après la surface explore les traces d’une humanité qui aurait dû adapter ses espace public et ses modes de vie.
Alors que les effets du changement climatique deviennent de plus en plus perceptibles et contraignants, Après la surface propose ainsi un espace de réflexion entre anticipation et réalité. En imaginant la disparition possible des conditions qui rendent notre quotidien familier, la série transforme la rue en un vestige. Un monde révolu. Elle invite à regarder autrement nos modes de vie actuels et à questionner les conditions nécessaires à l’habitabilité de nos espaces publics.









